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Gombe

Il y a 55 ans, Jane Goodall arrive en Tanzanie, dans ce qui deviendra plus tard le Gombe National Park. Bien qu’elle était encore très jeune et sans expérience, l’anthropologue Louis Leakey avait décelé chez cette jeune femme la capacité et la détermination nécessaire pour étudier le monde naturel. Elle avait déjà travaillé avec lui en tant que secrétaire au Kenya et lorsque Louis Leakey avait récolté suffisamment de fonds, il enverra Jane à Gombe pour étudier le comportement des primates. Cette année, nous célébrons l’arrivée de Jane Goodall à Gombe et le début de son héritage: un dévouement à la recherche en primatologie, à la conservation et au développement des populations humaines vivant autour de Gombe.

Gombe, les débuts

Cet héritage commence par une fille, sa mère, un carnet de notes et des jumelles. Pour observer les chimpanzés, Jane s’armait de détermination et de beaucoup de patience. Il a fallu attendre des mois avant qu’elle ne put les approcher de suffisamment près pour les observer. Le premier à l’avoir accepté comme membre du groupe est un mâle âgé qu’elle appelait David Greybeard. David était le premier chimpanzé que Jane a pu observer en train d’utiliser des outils: à l’aide d’une brindille d’herbe il pêchait des termites dans la termitière. Après cette découverte, Louis Leakey en appelait à redéfinir “l’humain”.

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Changer notre regard sur nos plus proches cousins

Les découvertes de Jane ne s’arrêtent pas là! Grâce à de longs mois d’observation, la jeune scientifique a pu mettre en évidence les personnalités individuelles de chaque chimpanzé et leur capacité d’afficher toute une série d’émotions. Elle a découvert qu’ils étaient capables de raisonner et de généraliser, et même qu’ils avaient une conscience de soi. Jane un jour décrit David ainsi: “Il a une personnalité très calme. Très déterminée. Lorsqu’il est déterminé, sa lèvre inférieure ressort.” Jane Goodall a également observé que leur régime alimentaire était très varié, incluant aussi de la viande. Cela mettait fin aux croyances de l’époque qui disaient les chimpanzés végétariens. Enfin, les observations de Jane démontraient qu’ils pouvaient aussi être agressifs, se faire la guerre, montrer des comportement violents et même s’adonner au cannibalisme.

La recherche continue

Jane Goodall fonda la Centre de recherche du Gombe Stream en 1967 afin de permettre à sa recherche de continuer. Aujourd’hui, les scientifiques étudient les mêmes familles de chimpanzés avec lesquelles Jane était en contact lors de son arrivée à Gombe. La recherche s’intéresse entre autre aux schémas sociaux, aux maladies, à la structure des relations et à l’interaction entre les chimpanzés et leur environnement. Certains scientifiques ont étudié de nombreuses années à Gombe, tandis qu’un flux continu d’étudiants venant des quatre coins du monde apporte un regard nouveau et des perspectives innovantes sur la recherche. Les données sont récoltées et consignées avant d’être publiées dans les journaux scientifiques et dans des blogs.

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Les menaces

Aujourd’hui, la déforestation et la surpopulation humaine détruisent l’habitat des chimpanzés. Le nombre de chimpanzés à Gombe a diminué drastiquement depuis les années 1960. Les chimpanzés sont une espèce menacée. Leur survie dépend de plusieurs facteurs directs et indirects tel que les pratiques agricoles et la mauvaise gestion des terres. Les braconniers constituent une menace importante, car ils chassent les primates pour revendre leur viande sur des marchés ou pour le trafic d’animaux exotiques. Les chimpanzés sont également touchés par les virus simiens d’Ebola et d’immunodéficience.

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Que faire pour aider?

Le Jane Goodall Institute travaille dans la conservation des chimpanzés et de leur habitat. Parmi nos activités de conservation nous pouvons citer parmi d’autres la mise en place de plans d’action, l’application des lois, la gestion de zones protégées, la mise en place de programmes d’enlèvement des pièges (collets) et la promotion d’écotourisme. En Tanzanie par exemple, le programme REDD forme les populations locales à la gestion et à la surveillance des forêts dans la région de Gombe. En République du Congo le Tchimpounga Chimpanzee Rehabilitation Center prend soin et réhabilite des chimpanzés orphelins, victimes du braconnage et de la déforestation. Ce sont là que deux des programmes mis sur pied par le Jane Goodall Institute qui visent la conservation des chimpanzés. En célébrant les 55 ans de Gombe, nous espérons continuer ces efforts afin de renforcer davantage l’héritage de Jane Goodall.

(Texte: Kelsey Frenkiel)

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