jane Blog > Menaces pour les chimpanzés

À l’IJG, nous œuvrons pour la protection des animaux, des personnes et de l’environnement parce que nous savons que tous sont liés. Nous avons montré qu’en développant les communautés autour de Gombe et en améliorant leur environnement, il est également possible d’aider les chimpanzés qui y vivent. Pour comprendre comment ces choses sont liées entre elles, parlons des menaces auxquelles doivent faire face les chimpanzés à Gombe et dans toute l’Afrique. Parce qu’ils sont très mobiles, il est difficile d’estimer le nombre de chimpanzés vivant dans la nature. On peut cependant affirmer que leur nombre a considérablement diminué depuis les débuts de la carrière de Jane. Il n’en resterait plus que 150 000. En Tanzanie, il n’y en aurait qu’entre 1 000 et 2 000 (wwf.panda.org). Quant à Gombe, la situation est désastreuse.

Collets

Des collets métalliques illégaux sont placés dans le but de capturer des cochons sauvages et autres animaux, mais malheureusement, beaucoup de chimpanzés se retrouvent piégés. Pour s’échapper du collet, la plupart des chimpanzés se débattent et se blessent davantage. En Ouganda, 1 chimpanzé sur 4 est soit blessé, soit tué par un collet (www.janegoodall.org). Certains sont capturés de manière intentionnelle et abattus pour la viande de brousse. Actuellement, l’IJG s’efforce de retirer les collets et d’aider les chimpanzés blessés à cause d’eux. Mugu Moja, une femelle chimpanzé d’Ouganda, a été réhabilitée par des volontaires locaux après que sa jambe a été broyée par un piège à mâchoires. Sa jambe a dû être amputée mais, heureusement, elle a presque immédiatement appris comment se déplacer sur une jambe dans la forêt. Cliquez ici pour voir l’histoire de Mugu Moja.

snare

Trafic illégal

Bien que les collets ne soient pas destinés à capturer les chimpanzés, ceux-ci sont la cible d’un autre type de prédation : le trafic illégal pour les zoos ou pour la vente comme animaux de compagnie exotiques. Un rapport a recensé plus de 600 chimpanzés exportés illégalement d’Afrique au cours des sept dernières années (www.thedodo.com). La Chine représente actuellement le plus grand marché pour le trafic de chimpanzés, où ils sont détenus dans de mauvaises conditions dans des zoos et servent de divertissement. Certains sont même exportés comme viande de brousse. Au Centre de réhabilitation Tchimpounga de l’IJG à Congo-Brazzaville, les victimes du trafic illégal de chimpanzés sont pris en charge jusqu’à ce qu’ils puissent réintégrer leur habitat.

illegaltrade

Maladies

En raison de nos grandes ressemblances génétiques avec les chimpanzés, ceux-ci sont souvent affectés par les mêmes virus que nous. Ces virus peuvent facilement se transmettre d’espèce à espèce. Le virus Ebola qui décime actuellement les populations humaines en Afrique affecte également la population de chimpanzés. L’interaction avec les touristes et les bûcherons peut exposer les chimpanzés à des maladies qu’ils sont incapables de combattre, comme le rhume ou la grippe. En 1996, Jane a recensé une épidémie de polio au sein de la communauté de chimpanzés qui a tué et paralysé de nombreux petits et adultes. Il a également été prouvé récemment que le VIS, qu’on pensait alors bénin pour les chimpanzés, affecte en réalité leur taux de reproduction ainsi que la santé de leurs bébés. En outre, il y a toujours le danger qu’un chimpanzé atteint du VIS transmette le virus à l’homme. Lemba, une femelle chimpanzé en cours de réhabilitation au Centre de réhabilitation Tchimpounga, a perdu l’usage de ses jambes à cause de la polio. Heureusement, elle va bien et est formée pour devenir une mère de substitution pour les bébés chimpanzés à Tchimpounga!

Déforestation, agriculture, et augmentation de la population humaine

En Afrique, la croissance démographique est plus rapide que sur tout autre continent. La population de la plupart des pays africains devrait tripler d’ici 2100, ce qui signifie que les ¾ de la population mondiale se trouveraient en Afrique (worldpopulationreview.com). Afin de subvenir aux besoins de ces populations nombreuses, la plupart des terres sont dépouillées pour les logements et l’aménagement des terres. De nombreux fermiers emploient des techniques agricoles qui purgent le sol de ses nutriments, le rendant ainsi inutilisable. La forêt constitue également une cible pour la vente aux exploitations forestières, minières et pétrolières. Étant donné que la cohésion des communautés de chimpanzés dépend en grande partie de leurs limites territoriales, des groupes se retrouvent souvent séparés ou déplacés à cause de la disparition de leur habitat. En tentant de se déplacer entre les parcelles de forêt, les chimpanzés sont exposés aux prédateurs. Actuellement, l’IJG enseigne des méthodes d’agriculture durable aux fermiers locaux ainsi que des techniques de reforestation à l’ensemble de la communauté.

sustainableagriculture

Extraction de coltan

L’extraction de coltan est l’une des pratiques qui affectent indirectement la survie des chimpanzés. Ce métal est utilisé dans de nombreux appareils électroniques, y compris les ordinateurs portables et les téléphones portables. En République démocratique du Congo, des groupes de rebelles ont tenté de contrôler et de taxer illégalement l’extraction de coltan, provoquant beaucoup de violence dans la région. Ceci a des conséquences tant sur la population de chimpanzés que sur la population humaine. Le défrichage des forêts pour la construction de routes minières et l’établissement de camps détruit l’habitat des chimpanzés. Les mineurs détruisent aussi les ressources des forêts, tuant parfois même les chimpanzés pour leur viande. En 2014, l’IJG Belgique a collecté 14 000 kilos de téléphones portables, d’ordinateurs et autres appareils électroniques dans le but de les recycler et réduire ainsi l’exploitation minière. Regardez cette vidéo this pour écouter le discours de Jane sur les menaces dues à l’extraction de coltan auxquelles sont confrontés les chimpanzés.

Vous avez un vieux téléphone portable ou un autre appareil électronique ? Cliquez ici pour contribuer à la campagne de recyclage de matériel électronique de l’IJG Belgique !

(Texte de Kelsey Frenkiel)

Retour au blog