monkey Tchimpounga – République du Congo

Histoire

AFRICA-PROGRAMS_LOGOLorsque Jane Goodall fonde le Centre de réhabilitation pour chimpanzés de Tchimpounga en 1992, elle n’ignore pas l’ampleur d’un tel projet.  Elle sait que les petits orphelins qu’elle y accueillera devront être pris en charge durant de longues années. Leur espérance de vie étant d’environ 60 ans, l’investissement financier de l’institut sera conséquent, mais aussi à envisager sur le long terme.

A l’époque, de nombreux collègues lui déconseillent vivement de s’impliquer dans cette cause. Malgré les nombreuses réticences, pour Jane Goodall, il est hors de question d’abandonner ces animaux. Sa réponse fut celle-ci : « Comment pourrais-je tourner le dos à ces mains tendues, ces yeux implorants et à ces petits corps faméliques ? »

Assimilé à la réserve naturelle de Tchimpounga en République du Congo, le refuge est aujourd’hui le plus grand centre pour chimpanzés orphelins d’Afrique. Sous l’œil attentif des soignants du Jane Goodall Institute (JGI), ce sont environ 160 chimpanzés qui bénéficient d’une seconde chance dans les confins de cet espace protégé. Ils évoluent dans les forêts du sanctuaire, où ils apprennent à se sociabiliser avec d’autres chimpanzés, et à y surmonter les blessures et les traumatismes dont ils ont été victimes.

Poster April 2012

Tchimpounga à l’heure actuelle

Bien plus qu’un havre de paix pour les primates, Tchimpounga joue aussi un rôle essentiel dans la recherche scientifique sur les chimpanzés.  Le Jane Goodall Institute (JGI) collabore en effet avec des institutions de renommée internationale comme l’Institut Max Planck et l’université de Havard. Les études menées dans les centres comme celui de Tchimpounga offre ce double avantage : il donne l’opportunité aux chercheurs d’observer et de comprendre le comportement des chimpanzés tout en soutenant le combat mené pour le bien-être animal et la conservation.

Plus de quinze ans après la création du centre, le JGI s’est sérieusement penché sur la question de la réintroduction. Un long travail de réflexion sur la possibilité d’une telle entreprise, mais aussi sur le futur lieu de relâcher, s’est alors engagé.

C’est en 2011 que le projet a finalement pu aboutir, après 3 ans de longues discussions et de planification, par l’élargissement des limites du centre de réhabilitation de Tchimpounga.

La construction de nouvelles installations a permis l’extension du sanctuaire sur trois îles dans les alentours de la rivière Kouilou. Ces îles offrent aux chimpanzés un cadre de vie naturel bien plus vaste, un environnement sécurisant dans lequel ils pourront apprendre, grandir et construire des liens sociaux. L’institut s’est engagé à étendre encore ses installations afin d’assurer le bien-être, aussi bien physique qu’émotionnel, des animaux qui sont sous sa responsabilité, ainsi que celui de son personnel dévoué. Avec le soutien et la participation de différents partenaires, dont le gouvernement congolais, le JGI pourra à terme transférer 60 chimpanzés, choisis parmi les plus robustes, pour rejoindre le site de l’île de Tchinszoulou.

Les premiers d’entre eux ont rejoint l’île en novembre 2012.

Les installations sur les trois îles fournissent :

– Une zone de forêt pratiquement 100 fois plus étendue qui permet aux chimpanzés de courir librement comme ils le feraient à l’état sauvage ;

– Un lieu contrôlé dans lequel les chimpanzés évoluent dans un habitat naturel, mais où ils restent sous étroite surveillance, reçoivent de la nourriture et des soins vétérinaires en fonction de leurs besoins ;

– Une réduction des coûts pour la maintenance et les infrastructures. Les îles, encerclées d’eau, étant des limites naturelles pour les chimpanzés, permettent une importante économie sur les clôtures qui deviennent dès lors inutiles, mais aussi des économies sur le personnel  qui ne sera pas nécessaire pour le maintien et la gestion d’un tel site et ;

– Des conditions d’observation plus sûres pour la population locale et les visiteurs lorsque tous les dispositifs nécessaires au bon fonctionnement des programmes d’éducation et d’écotourisme auront été mis en place.

Enfin, Tchimpounga participe au travail de conservation du JGI qui met l’accent sur la communauté. Au Congo, le Jane Goodall Institute fait participer les villageois qui vivent dans les environs du sanctuaire et de la réserve. Le JGI cherche à améliorer le niveau de vie, l’accès à l’éducation et les soins de santé de ces partenaires dont le soutien est fondamental.

La rencontre avec les singes est un autre aspect crucial : lorsque des visiteurs viennent au sanctuaire, c’est souvent la première fois qu’ils sont confrontés à l’humanité des chimpanzés. Les enfants des écoles locales visitent fréquemment le centre, mais participent aussi aux activités éducatives de l’Institut, ce qui les sensibilise à l’importance de protéger les chimpanzés et leur écosystème fragile.

Photo gallérie

Si les enfants sont touchés par le sort de ces animaux, de nombreux adultes ressortent eux aussi bouleversés de leur expérience à Tchimpounga et confient que leur regard sur ces créatures ne sera plus jamais le même. C’est là tout le travail du JGI et de Tchimpounga : en pleine crise de l’extinction, c’est le cœur et l’esprit des gens qu’ils cherchent à faire changer. Car la survie des chimpanzés dépend de nous.

Soyez la différence pour ces primates et leurs soignants en devenant un parrain des chimpanzés dès aujourd’hui !