Au Burundi, l’avenir des chimpanzés germe dans les pépinières du JGI

Au Burundi, l’avenir des chimpanzés germe dans les pépinières du JGI
17/11/2018 Vasiliki Boukouvala

A Mukungu, le soleil se lève doucement sur les collines bordant le Tanganyika. Les eaux bleues du lac ondulent, éveillées par une légère brise matinale, tandis que l’animation a déjà gagné la pépinière du groupe Roots & Shoots Burundi où les bénévoles s’activent pour charger les plants dans le vieux 4×4 blanc. Les jeunes arbres vont quitter leurs terres natales pour des horizons moins boisés et ainsi assurer la continuité des forêts fragmentées. Désormais, leur rôle sera de permettre la survie des communautés de chimpanzés situées dans le sud et dans le nord-ouest du pays.

Autrefois bien présents dans les forêts burundaises, les chimpanzés sont aujourd’hui difficiles à trouver en dehors des parcs de Kibira, Rumonge et Vyanda. C’est la fragmentation et la dégradation des forêts, associée à la chasse et les conflits avec les populations humaines, qui a causé leur déclin. On estime qu’il ne reste que 230 à 530 individus dans tout le pays.

Pour remédier à ce problème, le groupe Roots & Shoots Burundi a déjà planté plus de 2,4 millions d’arbres depuis sa création en 2006. Onze pépinières permettent de fournir les plants nécessaires aux activités de reforestation dont cinq ont été réalisées grâce aux financements du JGI Belgique. Que ce soient des enfants, des membres des autorités locales, de l’armée, de l’Eglise ou de simples citoyens, tous participent aux journées de plantation. Grâce à elles, les collines sont reforestées et la population est sensibilisée aux problèmes environnementaux. Mais ce n’est pas tout, le groupe Roots & Shoots Burundi soutient aussi les populations locales en leur donnant accès à l’éducation ainsi qu’en leur fournissant un revenu supplémentaire en échange de leur aide. Selon David Ninteretse, coordinateur du projet, la création de groupes formés à surveiller les braconniers dans le sud du pays a déjà permis de réduire considérablement la chasse illégale de chimpanzés dans cette région.

A Mukungu, les eaux bleues du Tanganyika ondulent toujours doucement, camouflant parfaitement la triste réalité du fond du lac où l’apport de sable et de boue, issu de la déforestation des collines alentours, réduit progressivement l’extraordinaire biodiversité d’antan. Aujourd’hui, le Tanganiyka est considéré comme le lac le plus menacé du monde, principalement à cause de la déforestation, de la pêche et du réchauffement accéléré de ses eaux.

De notre côté, les journées « Forest in One Day » permettent donc non seulement de récolter des fonds pour la reforestation au Burundi mais sont également l’occasion de sensibiliser à la problématique très actuelle de la déforestation. C’est un moment de réflexion sur une question à grande échelle et où chacun comprend qu’il peut faire la différence. Certains de nos bénévoles ont d’ailleurs décidé de rejoindre l’équipe du JGI Belgique après avoir participé à une de ces activités. C’est le cas de Stefanie, coordinatrice des adoptions et des adhésions, qui est arrivée en 2017 : « C’est ma correspondante italienne qui m’a parlé de l’évènement. Elle venait en Belgique ce week-end là et comptait y participer avec un ami. Elle m’a donc proposé de venir. Sur place, une bénévole m’a donné plus d’informations sur le projet et j’ai décidé de rejoindre l’équipe ».

Le soleil se couche sur Mukungu où les allées de la pépinière du JGI comptent désormais moins d’arbres. En Belgique, les mains se réchauffent autour d’une soupe chaude et les sourires s’élargissent après une journée de plantation. Tous, belges et burundais, espèrent que les jeunes arbres vont s’adapter à leur nouvel environnement et ainsi participer à la conservation de leur planète commune.

Texte: Louise Delhaye
Photos: JGI Burundi, Søren Decraene